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Carmelo Cedrún : gardien des « Onze Aldeanos » (Onze villageois) et légende de l’Athletic Club

Carmelo Cedrún fut l’un des gardiens les plus importants de l’histoire de l’Athletic Club et un pilier des mythiques « Onze villageois ». Parmi tous les gardiens qui ont défendu les cages de La Cathédrale, la figure de Carmelo Cedrún se détache avec un éclat impressionnant. Né à Amorebieta-Etxano, ce gardien historique a écrit l’une des pages les plus glorieuses de l’histoire du club en devenant le pilier de l’inoubliable formation des « Onze villageois ». Sa brillante carrière entre les poteaux, marquée par cinq titres de premier plan et des records de régularité qui ont perduré pendant des décennies, le place au panthéon des grandes légendes de l’Athletic Club.

D’Amorebieta à San Mamés : la consécration d’un mythe

Le parcours de Carmelo vers les cages de Bilbao s’est forgé avec patience et une détermination à toute épreuve. Après s’être illustré dans les équipes locales, ses débuts officiels tant attendus avec l’équipe première ont eu lieu le 15 avril 1951 face au FC Séville. Cet après-midi-là à San Mamés, le jeune gardien fit preuve d’un sang-froid inhabituel pour son âge, gagnant immédiatement la confiance du staff technique et le respect des tribunes. Tout au long des années 50, Carmelo consolida sa place jusqu’à devenir un titulaire indiscutable, se distinguant par sa sobriété, ses plongeons félins et un leadership défensif qui apportait une sérénité absolue au reste de l’équipe.

Au cours de cette période dorée, le gardien basque a mené l’équipe rouge et blanche à la conquête d’un palmarès enviable. Dans ses vitrines trônent la Coupe Eva Duarte de 1950, le titre de champion de la saison 1955/56 et trois Coupes du pays. La domination du club durant ces années a démontré qu’une équipe entièrement issue du centre de formation basque pouvait rivaliser et vaincre les grandes puissances du football de l’époque. Pour les supporters, Carmelo incarnait à la perfection la résistance et la fidélité aux couleurs du club.

L’exploit des « Onze villageois » et un record inoubliable 

Le point culminant de la carrière de Carmelo Cedrún s’est écrit le 29 juin 1958 lors de la célèbre finale de la Coupe disputée au stade Santiago Bernabéu. Face à un Real Madrid regorgeant de stars internationales telles que Di Stéfano ou Puskás, l’entraîneur rouge et blanc a aligné un onze composé exclusivement de joueurs locaux, surnommés affectueusement les « onze villageois ». Sous une pression ambiante étouffante, Carmelo a livré une performance mémorable, repoussant chaque assaut des locaux pour préserver ses cages et permettre à l’Athletic de s’imposer 0-2. Cet exploit est devenu le symbole par excellence de la philosophie du club.

Outre ses succès collectifs, le gardien a laissé une empreinte indélébile dans les statistiques de la compétition. Entre 1952 et 1957, il a signé une prodigieuse série de 132 matchs consécutifs disputés en championnat, un record de régularité qui reflétait sa force physique et sa discipline tactique inébranlable. Cet exploit est resté inscrit dans le livre d’honneur du club pendant plus de six décennies, jusqu’à ce qu’Iñaki Williams parvienne à le dépasser en 2019 lors d’un hommage émouvant sur la pelouse de « La Cathédrale », où ces deux époques se sont rencontrées.

La relève entre géants et dimension internationale 

La carrière de Carmelo ne s’est pas seulement mesurée à ses interventions directes, mais aussi à sa capacité à garantir la grandeur future du club. En 1962, lors d’un match contre le CD Málaga à La Rosaleda, la transition entre les poteaux s’est opérée naturellement avec l’entrée en jeu du jeune José Ángel Iribar. Loin de toute rivalité égoïste, Carmelo a joué le rôle de mentor auprès de « El Chopo », lui transmettant les secrets du poste et les valeurs du club. Cette passation de pouvoir exemplaire a jeté les bases d’une lignée de très grands gardiens de but de l’Athletic Club qui perdure encore aujourd’hui.

Ses performances exceptionnelles lui ont également permis de porter le maillot de la sélection espagnole à treize reprises, faisant ses débuts en 1954 et atteignant l’apogée de sa carrière internationale en tant que titulaire lors de la Coupe du monde au Chili en 1962. La reconnaissance de son parcours transcende les époques ; les supporters et la direction ont exprimé leur chagrin et leur respect institutionnel à travers les cérémonies organisées en mémoire de Carmelo Cedrún après son décès, évoquant avec émotion la figure d’une légende irremplaçable dont le triste départ, à l’été 2026, a uni le monde du football dans un applaudissement unanime, comme le rapportait le communiqué officiel à l’annonce du décès du grand Carmelo Cedrún.

L’héritage impérissable de Carmelo à La Cathédrale 

Le souvenir des «Onze villageois » et des interventions spectaculaires de Carmelo Cedrún constitue l’une des pierres angulaires sur lesquelles repose l’identité de l’Athletic Club actuel. Ceux qui visitent Bilbao ont l’occasion de revivre cet âge d’or, de contempler les trophées remportés par cette génération unique et de s’émerveiller devant les maillots d’époque conservés dans les vitrines de « La Cathédrale ».

Pour approfondir l’histoire des légendes qui ont défendu les cages rouge et blanc et découvrir de près les trésors que le club conserve précieusement, les supporters peuvent se procurer leurs billets pour l’AC Museoa et explorer l’espace dédié aux grandes légendes qui ont fait de l’engagement et de la loyauté leur cheval de bataille. L’ombre de Carmelo continuera à veiller éternellement sur les cages de San Mamés.